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Ruban rose symbolisant le cancer du sein et l’accompagnement des femmes pendant et après la maladie.

Après un cancer du sein : comment reprendre le fil de sa vie ?

October 04, 2026•12 min read

Après le cancer : quand les traitements s’arrêtent, mais que tout n’est pas terminé

Ce que l’on voit de la maladie. Et tout ce que l’on ne voit pas.

Octobre Rose nous rappelle l’importance du dépistage et des soins. Mais derrière les traitements existe une réalité plus silencieuse : celle du corps qui change, de la peur qui peut rester, du regard sur soi, du décalage avec les autres et de cette question qui apparaît parfois lorsque l’urgence s’éloigne : comment reprendre le fil de sa vie ?


À l’occasion d’Octobre Rose, nous parlons beaucoup du cancer du sein.

Et heureusement.

Nous parlons du dépistage, des traitements, de la recherche, des progrès de la médecine. Nous voyons les rubans roses, les campagnes de sensibilisation, les courses solidaires.

Mais derrière tout cela existe une autre réalité.

Plus intime. Plus silencieuse.

Celle qui se vit derrière la porte d’un cabinet médical, dans une voiture après l’annonce d’un diagnostic, dans une salle de bains devant un miroir, dans un lit lorsque le sommeil ne vient pas, dans un couple qui cherche de nouveaux repères…

Celle que l’on ne voit pas toujours.

Je n’ai jamais eu de cancer du sein. Je ne prétendrai donc jamais savoir exactement ce que ressent une femme qui traverse cette maladie.

Mais j’ai accompagné des personnes confrontées à la maladie, à la peur, à la perte, à la fin de vie et au deuil.

Et ces années m’ont appris quelque chose d’essentiel :

Derrière la maladie, il y a toujours une personne.

Avec son histoire, son corps, ses peurs, ses enfants parfois, son couple, son travail, ses projets, ses fragilités et ses ressources.

Et lorsque les traitements s’arrêtent, cette personne ne redevient pas nécessairement, du jour au lendemain, celle qu’elle était avant.

Parce qu’un cancer ne traverse pas seulement un corps.

Il peut bouleverser profondément notre rapport à la vie elle-même.


Le jour où la vie se coupe en deux

Avant, il y avait une vie ordinaire.

Le travail. La famille. Les courses. Les vacances que l’on préparait. Les projets pour l’année suivante. Les petits problèmes du quotidien qui semblaient parfois très importants.

On ne se demandait pas chaque matin si tout cela allait continuer.

On vivait.

Puis il y a une boule, une image, un examen complémentaire, une biopsie.

L’attente.

Et un jour, quelques mots :

C’est un cancer

Attente de résultat médicaux

Il y a des phrases qui créent un avant et un après.

Le médecin continue peut-être à parler. Il explique les examens, la chirurgie, les traitements, les prochaines étapes.

On essaie d’écouter.

Mais intérieurement, d’autres questions peuvent déjà avoir pris toute la place.

Est-ce que je vais mourir ?

Comment vais-je l’annoncer à mes enfants ?

Que va devenir mon corps ?

Mon couple ? Mon travail ? Ma vie ?

Le diagnostic ne vient pas seulement nommer une maladie.

Il peut faire vaciller ce sentiment de sécurité avec lequel nous vivions jusque-là. Ce futur que nous imaginions presque naturellement devient soudain incertain.

Le cancer peut alors être vécu comme une épée de Damoclès suspendue au-dessus de l’existence.

Nous savions tous que la vie était fragile.

Mais le savoir et y être confronté dans sa propre chair sont deux choses très différentes.


Quand son propre corps devient un corps médical

Après l’annonce, tout peut aller très vite.

Les consultations. Les examens. Les prises de sang. Les traitements. Les résultats. L’attente entre deux résultats.

Il faut aussi montrer son corps.

Le laisser être regardé, palpé, piqué, analysé, parfois opéré.

Ces gestes sont nécessaires. Ils sont là pour diagnostiquer, soigner, surveiller.

Mais derrière cette nécessité médicale existe aussi un vécu profondément intime.

Ce corps qui était simplement le sien devient également un corps médical.

On parle de lui. On le mesure. On le surveille. On intervient sur lui.

Puis il peut changer.

Les cheveux peuvent tomber. Une cicatrice apparaît. Un sein peut être modifié ou retiré. Le poids peut varier. Les traitements peuvent avoir des conséquences sur la fatigue, les sensations, le désir ou la sexualité.

Et derrière ce corps que l’on soigne, il y a toujours une femme.

Une femme qui pense, qui aime, qui doute, qui a peur.

Une femme qui peut parfois avoir la sensation d’être devenue une patiente avant d’être tout le reste.

le corps devient corps médial


Ce que le miroir peut devenir

Il y a aussi ces moments dont on parle moins.

Sortir de la douche et éviter son reflet.

Ne pas parvenir à toucher une cicatrice.

Ne plus vouloir se déshabiller devant son partenaire.

Avoir peur de ne plus être désirée.

Ne plus reconnaître ce corps que l’on connaissait pourtant depuis toujours.

On parle de reconstruction mammaire après une mastectomie. Mais la reconstruction du rapport à son propre corps est une autre histoire.

Certaines femmes choisissent une reconstruction chirurgicale. D’autres souhaitent rester à plat. Certaines cachent leurs cicatrices, d’autres les montrent ou décident de les transformer par un tatouage.

Il n’existe pas une seule manière juste de vivre cela.

Même les paroles les plus aimantes ne suffisent pas toujours.

Le principal, c’est que tu sois là

Oui.

Mais être heureuse d’être en vie n’empêche pas de souffrir de ce que l’on a perdu.

On peut être reconnaissante et triste.

Soulagée et en colère.

Aimer son conjoint et ne plus vouloir être touchée.

Avoir terminé les traitements et ne pas se sentir encore sortie de la maladie.

Ces émotions ne s’annulent pas. Elles racontent simplement la complexité de ce qui est vécu.


Tu es forte

Pendant la maladie, il faut souvent tenir.

Il y a le prochain rendez-vous. Le prochain traitement. Le prochain résultat.

Il y a parfois les enfants, le conjoint, les parents, le travail.

Et il y a aussi tous ceux qui ont peur autour de soi.

Alors on entend :

Tu es forte.
Tu vas te battre.
Il faut garder le moral.

Ces paroles sont généralement prononcées avec amour.

Mais elles peuvent aussi, sans que personne ne le veuille, devenir une pression supplémentaire.

Parce que si tout le monde a besoin que je sois forte… où puis-je être fragile ?

Où puis-je dire que j’ai peur ?

Que je suis épuisée ?

Que j’en ai assez ?

Que je trouve cela injuste ?

Que j’ai peur de mourir ?

Certaines choses sont difficiles à confier précisément aux personnes que l’on aime.

Parce qu’on les aime.

Parce qu’on voit leur inquiétude.

Parce qu’on ne veut pas leur faire davantage de mal.

Alors parfois, on rassure aussi ceux qui nous entourent.

Et l’on peut être très entourée tout en se sentant profondément seule.

cancer et chimio


Et puis, un jour, les traitements s’arrêtent

Ce moment a été tellement attendu.

Enfin.

Certains traitements prennent fin. Les rendez-vous s’espacent. L’entourage respire.

Et l’on entend parfois :

Maintenant, c’est derrière toi

Mais tout n’est pas forcément derrière.

Le corps peut rester fatigué. Certains effets des traitements peuvent persister. Le rapport au corps ne se répare pas au rythme du calendrier médical.

Et surtout, il peut rester une peur.

Et si ça revenait ?

Une douleur autrefois banale devient inquiétante.

Un contrôle approche et l’angoisse monte.

On attend un résultat et, pendant quelques heures ou quelques jours, l’épée de Damoclès semble de nouveau présente.

La peur de la récidive fait partie des réalités reconnues de l’après-cancer.

Elle ne signifie pas que l’on manque de courage, que l’on est pessimiste ou que l’on refuse d’avancer.

Après avoir été confrontée à une menace réelle, il peut falloir du temps pour retrouver intérieurement un sentiment de sécurité.

La médecine peut annoncer la fin d’un traitement. Elle ne peut pas décider du moment où une personne se sentira, elle, sortie de la maladie.


Quand les autres ont repris leur vie

octobre rose

C’est peut-être l’un des décalages les plus difficiles à expliquer.

Pendant la maladie, chacun comprend que quelque chose de grave se passe.

Puis les traitements se terminent.

Progressivement, la vie reprend autour de soi.

Le travail. Les vacances. Les projets. Les préoccupations ordinaires.

Et celle qui a traversé la maladie peut parfois avoir l’impression d’être restée un peu ailleurs.

Parce qu’elle ne regarde plus nécessairement sa vie de la même manière.

Ce qui paraissait essentiel auparavant ne l’est peut-être plus.

Certaines relations ont changé.

Le travail n’a peut-être plus le même sens.

Le rapport au corps, au temps, aux autres, à soi-même peut être différent.

Quand on a été confrontée à la possibilité de perdre sa vie, la vie ne se regarde plus forcément depuis le même endroit.

Il y a ce que l’on a vécu.

Ce que l’on ne vivra peut-être plus comme avant.

Ce que l’on ne veut plus.

Et ce que l’on veut maintenant.

Et une question peut alors apparaître :

Comment ai-je envie de vivre maintenant ?

se reconstruire après la maladie


Il n’y a rien à réussir dans l’après-cancer

On parle beaucoup de reconstruction.

On entend parfois aussi que la maladie rendrait plus forte, qu’elle permettrait de découvrir l’essentiel ou qu’elle serait l’occasion d’une renaissance.

Peut-être pour certaines femmes.

Mais pas pour toutes.

Et je crois profondément qu’il faut respecter cela.

Une personne n’a pas à transformer ce qu’elle a vécu en une belle histoire.

Elle n’a pas à devenir plus forte.

Elle n’a pas à être positive en permanence.

Elle n’a pas non plus à retrouver coûte que coûte celle qu’elle était avant.

Il n’y a rien à réussir dans l’après-cancer.

Il y a ce qui a été vécu.

Un corps à retrouver parfois.

Des peurs à apprivoiser.

Des repères à reconstruire.

Et peut-être une nouvelle manière de vivre à découvrir.

Car oui, je crois qu’une vie peut recommencer après la maladie.

Mais elle peut être différente.

Pas moins belle. Pas nécessairement meilleure non plus.

Différente parce que quelque chose a été traversé et que l’on ne peut pas faire comme si cela n’avait jamais existé.


Reprendre le fil de sa vie

reprendre le fil de sa vie

Cette image me touche particulièrement.

Le fil de la vie.

Avant la maladie, il se déroulait presque sans que l’on y pense.

Puis le diagnostic est venu l’interrompre.

Pendant les traitements, toute l’énergie a parfois été consacrée à traverser.

Et lorsque l’urgence s’éloigne, une autre étape commence.

Comment reprendre ce fil ?

Est-ce que je veux vraiment le reprendre exactement là où je l’avais laissé ?

Qu’est-ce que je veux conserver de ma vie d’avant ?

Qu’est-ce que je ne veux plus ?

Qu’est-ce qui compte vraiment aujourd’hui ?

Comment refaire confiance à mon corps ?

Comment refaire des projets lorsque je sais maintenant, intimement, que la vie ne donne aucune garantie ?

Il n’y a pas forcément de réponse immédiate à ces questions.

Parfois, elles ont d’abord besoin d’un endroit où pouvoir être déposées.


Écouter sans décider à la place de l’autre

Mes années d’accompagnement, et notamment neuf années de bénévolat auprès de personnes en soins palliatifs et de leurs familles, ont profondément façonné ma manière d’être thérapeute.

J’y ai appris combien l’écoute, l’absence de jugement et la qualité de la présence sont essentielles.

Accueillir une personne là où elle en est.

Ne pas décider de ce qu’elle devrait ressentir.

Lui offrir suffisamment de confiance pour qu’elle puisse peut-être dire ici ce qu’elle ne parvient à dire nulle part ailleurs.

Une peur. Une colère. La difficulté à accepter son corps.

Ou simplement :

Je ne sais plus très bien qui je suis après tout ça

Il n’est pas toujours nécessaire de remplir les silences ni de vouloir réparer trop vite.

Parce qu’avant de vouloir aller mieux, il faut parfois pouvoir dire combien cela a été difficile.


Cancer du dein accompagnement

Accompagner ce qui ne se voit pas

Aujourd’hui, en tant qu’hypnothérapeute et praticienne en thérapie intégrative, c’est aussi dans cet espace lâ que j’accompagne.

Je ne soigne pas le cancer.

Je n’interviens pas dans les décisions médicales et mon accompagnement ne se substitue jamais au parcours de soins.

Ma place est auprès de la personne.

De ce qui ne se voit pas nécessairement sur une prise de sang ou une imagerie.

Une anxiété qui persiste. Une peur qui revient. Un corps dans lequel on ne se sent plus tout à fait chez soi. Une émotion que l’on n’arrive pas à déposer. Une difficulté à se projeter de nouveau.

Selon la personne, je peux utiliser la parole, l’écoute thérapeutique, l’hypnose et différentes approches intégratives.

Mais les outils ne sont jamais mon point de départ.

Mon point de départ, c’est la personne.

Son histoire.

Ce qu’elle a traversé.

Ce qu’elle ressent aujourd’hui.

Et là où elle souhaite aller.


Continuer, autrement peut-être

Reprendre le fil de sa vie ne signifie pas faire comme si rien ne s’était passé.

Ce n’est pas effacer.

Ce n’est pas revenir coûte que coûte à avant.

C’est peut-être parvenir progressivement à vivre avec cette histoire sans qu’elle occupe toute la place.

Retrouver des projets. Des envies. Du plaisir.

Une relation plus apaisée avec son corps.

Choisir autrement certaines relations.

Donner davantage de place à ce qui compte réellement.

Et retrouver la possibilité de regarder devant soi sans que la peur décide toujours de la direction.

Il y aura un avant et un après.

Mais l’après reste une vie.

Une vie qui peut se réinventer, se réorganiser, prendre une autre direction.

Une vie dans laquelle on peut aussi retrouver sa capacité à choisir ce que l’on veut, ce que l’on ne veut plus et ce que l’on souhaite désormais préserver.

Reprendre le fil de sa vie, ce n’est pas effacer l’endroit où il s’est interrompu. C’est continuer à partir de là.

Avec ce qui a été vécu.

Avec celle que l’on est aujourd’hui.

Et avec cette question, profondément humaine :

« Maintenant que je suis là, comment ai-je envie de vivre ? »

Plus forte que mes peurs


Si vous vous reconnaissez dans ces mots

Vous n’avez pas à avancer au rythme que les autres imaginent pour vous.

Vous avez le droit de prendre votre temps.

Le droit d’avoir encore peur.

Le droit d’avoir changé.

Le droit de ne pas savoir encore exactement où vous allez.

Et le droit aussi d’être accompagnée.

Je vous accueille dans mon cabinet à Brignoles ou en visioconférence, dans le respect de votre histoire, de votre rythme et en complément de votre suivi médical.

Un premier échange téléphonique peut simplement nous permettre de faire connaissance et de voir si ma manière de vous accompagner peut vous correspondre.

Parce qu’après avoir consacré tant d’énergie à traverser la maladie, vient parfois le temps de prendre soin de la vie que l’on veut maintenant vivre.

Nathalie Bouriaux

ensemble plus fort

Hypnothérapeute et praticienne en thérapie intégrative
Cabinet à Brignoles • Accompagnement en visioconférence


L’accompagnement proposé est complémentaire et ne se substitue pas à un diagnostic, un traitement ou un suivi médical, oncologique, psychologique ou psychiatrique.

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Nathalie Bouriaux

Hypnothérapeute Installée à Brignoles

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L’hypnothérapie s’inscrit dans la relation d’aide, hors cadre médical et réglementé.

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